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L'amiral Jervis, un homme sévère...

Amiral Sir John Jervis

http://www.cap-horn.be/portrait_r_jervis.php | 22-11-2017 04:40 | © 1999- N. Grigorellis

Baron Jervis de Meaford, Comte St Vincent (1735-1823)

"I do not say, my Lords, that the French will not come. I say only they will not come by sea"

Né dans le Staffordshire en 1735, John Jervis était le fils d'un avocat. Celui-ci lui donna 20 livres quand il rejoignit la Royal Navy la semaine de son quatorzième anniversaire, puis lui refusa tout support par la suite. John Jervis servit sous le capitaine James Cook et le général Wolfe au siège de Québec en 1759, avant de participer à la guerre d'indépendance d'Amérique (1776-1778). Pendant les guerres napoléoniennes, il commanda les flottes de Méditerranée et de la Manche. Jervis était réputé pour la dureté de la discipline qu'il imposait et pour son manque d'humour. L'amiral Jervis prit les commandes de la flotte à un moment où, d'après ses propres dires, la morale était à marée basse et la discipline mauvaise. Par sa détermination farouche, il fit de la flotte une arme d'une grande efficacité.

Jervis donnait quotidiennement des ordres à la flotte. Les ponts devaient être briqués avant le lever du jour, il fallait chaque jour s'exercer au canon, la literie (les hamacs) devait être aérée régulièrement et toutes les frusques devaient être lavées. L'amiral Jervis exerçait son autorité sur tous, des capitaines aux marins, punissant les auteurs d'infractions et récompensant les méritants.

Jervis n'hésitait jamais à rappeler aux officiers que l'indiscipline qui régnait dans la Navy était la conséquence de la mauvaise conduite des officiers. Il testait les capacités de ses officiers en les déplaçant de navire en navire. Il avait jugé Sir Charles Knowles du Goliath comme "un imbécile totalement incompétent, le Goliath n'étant d'aucune utilité sous son commandement". Il fut ordonné à Knowles d'échanger son navire avec le Britannia du capitaine Foley. Foley rétablit l'ordre sur le Goliath alors que le Britannia périclita sous Knowles. Quand le Theseus arriva d'Angleterre avec un équipage où se tramait l'intrigue et la mutinerie, Jervis ordonna à Nelson de hisser son pavillon sur le Theseus, de prendre avec lui le capitaine Miller, les aspirants Hoste et Bolten, ainsi que tout homme de l'Agamemnon qu'il désirerait. "Avec Nelson et Miller le Theseus sera rapidement remis en ordre", dit Jervis.

Deux semaines plus tard, on trouva chez les officiers du Theseus un petit morceau de papier sur lequel on pouvait lire :

Succès à l'amiral Nelson ! Dieu bénisse le capitaine Miller ! Nous les remercions pour les officiers qu'ils nous désignés. Nous sommes heureux et nous nous sentons à l'aise, et nous verserons chaque goutte de notre sang pour eux, et le nom du Theseus sera immortalisé autant que celui du capitaine.
L'équipage

C'est par des mesures telles que la rotation réfléchie des officiers et l'isolement des Marines, l'interdiction de l'utilisation de la langue irlandaise, que Jervis réussit à prévenir la mutinerie dans sa propre flotte. Malgré cela, il y eut une légère insurrection dans un navire récemment arrivé de la flotte de la Manche. Un marin du Marlborough fut pris, jugé en cour martiale et condamné pour avoir été le meneur d'un complot pour prendre la navire et faire voile vers l'Irlande. Jervis rédigea un ordre pour que l'exécution soit réalisée le lendemain matin à huit heures par les coéquipiers du marin, "l'intervention de tout marin d'un autre bâtiment étant exclue". Le capitaine Ellison, du Marlborough, un officier âgé et sérieusement blessé, craignait que l'équipage n'exécute pas l'ordre. Ellison rejoignit son bâtiment et exécuta l'ordre de Jervis de rentrer ses canons et fermer les sabords. Le lendemain matin, le Marlborough était encerclé et des ordres avaient été donnés pour qu'il soit bombardé par des caronades jusqu'à ce que les ordres de Jervis aient été exécutés. La résistance à bord fondit et le prisonnier fut amené, un noeud coulant fut placé autour de son cou, puis il fut hissé à la vergue du mât de misaine par ses coéquipiers au moment où les cloches sonnèrent huit heures.

Par son attention impitoyable, Jervis transforma la flotte durant le dernier quart du dix-huitième siècle, préparant pour lui-même et pour Nelson la voie des succès qu'ils remportèrent au cap St Vincent, à la bataille du Nil, à Copenhague et à Trafalgar.

L'amiral Jervis fut nommé commandant en chef de la flotte de Méditerranée en novembre 1796. Agé de 62 ans, il était alors un officier d'une grande expérience.

A bord de son vaisseau, le Victory, l'amiral Sir John Jervis commanda la flotte britannique lors de la bataille du cap St Vincent. Suite à sa victoire à St Vincent, il fut nommé Baron Jervis de Meaford dans le comté du Staffordshire et Comte St Vincent. Il fut gratifié d'une pension annuelle de 3000 £.

Le Comte St Vincent fut remplacé par l'amiral Lord Keith et se retira de la flotte de la Manche en 1806. Malade, il partit vivre dans le sud de la France en 1818. Un an plus tard, se portant un peu mieux, il rentra en Angleterre et en 1821 il fut promu Amiral de la Flotte. Il était le premier officier à atteindre ce grade (mis à part le Duc de Clarence). Il mourut en 1823.