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Napoléon

Histoire

http://www.cap-horn.be/marine_histoire.php | 22-11-2017 04:43 | © 1999- N. Grigorellis

L'époque des guerres napoléoniennes peut être subdivisée en trois périodes durant lesquelles l'hégémonie sur les mers fut le fait d'une nation différente :


1775-1783

Cette période de l'histoire est marquée par de forts contrastes. Les rôles du pouvoir maritime avaient changé, les anglais se retrouvant à la traîne. Pour la première fois depuis des années, les français se montraient supérieurs à leurs cousins britanniques. Pour la première fois depuis un siècle, les anglais se trouvaient sur la défensive, ayant, non seulement un adversaire supérieur à combattre, mais en plus, un manque de vaisseaux de guerre, d'équipages entraînés et d'alliés. Cette supériorité devait durer jusqu'à ce qu'en 1782, les anglais appliquent plusieurs réformes de navigation et d'artillerie qui leur procurèrent le léger avantage nécessaire pour, à nouveau, s'assurer la domination des océans.

Les anglais entamèrent cette période avec beaucoup d'optimisme. Bien qu'ayant quelques problèmes avec les colonies américaines, ils pensaient que cela se résoudrait rapidement, et en faveur de la Couronne. Ayant, sur le papier, la plus importante marine au monde, ils virent là une belle occasion de récupérer les colonies françaises, espagnoles et hollandaises, en abattant facilement la rébellion dans les colonies américaines.

Ce que le Parlement Britannique ignorait, c'est combien l'amirauté était corrompue. La plus grande partie des fonds alloués à la « Royal Navy » était redistribuée dans les poches des amiraux. Un grand nombre des vaisseaux de la marine était en état de délabrement ; en fait, nombreux étaient les navires délabrés au point de ne pas être réparables. Le grand nombre de marins inscrits sur les listes de paie n'existait pas. La marine britannique était composée de vaisseaux fantômes manoeuvrés par des marins imaginaires.

Les français, à ce moment là, possédaient la meilleure marine au monde. Les pertes de la Guerre de Sept ans avaient fait comprendre à la Couronne de France que la domination maritime était le seul moyen de soumettre les britanniques. Pour reconstruire la flotte, le Ministre de la Marine Française amorça un programme qui encourageait chaque ville et cité à rassembler suffisamment de fonds pour construire et entretenir un navire. En très peu de temps, il y eut suffisamment d'argent provenant de donations privées pour construire dix-huit bâtiments de ligne. Ces donations permirent au gouvernement français de reconstruire la marine sans pour autant négliger l'armée, qui était prioritaire. Le fait de remplacer les anciens navires par de nouveaux concepts et d'incorporer de nombreuses réformes navales, permit à la nouvelle marine française de devenir supérieure à toute autre.

Les espagnols, durant cette période, se montrèrent inférieurs. Bien qu'ayant beaucoup de navires de grande qualité, ils ne surent tirer parti de la situation. La plupart des équipages espagnols étaient bons, mais ils manquaient d'officiers bien entraînés, capables de faire preuve d'initiative au moment voulu. Maintes opportunités furent vouées à l'échec par le laxisme affiché de l'amirauté espagnole.

Les américains n'avaient pas réellement de marine à cette époque. La plupart des navires de la marine américaine étaient en réalité construits et entretenus par les colonies individuelles, ce qui limitait leur utilisation. Pour corriger cette déficience, le gouvernement fédéral et les gouvernements coloniaux commencèrent à distribuer aux capitaines des licences qui accréditaient les fonctions de corsaire. Le nombre de capitaines impliqués dans cette forme légale de piraterie augmenta très rapidement, et l'idée s'avéra, somme toute, efficace. Malheureusement, le métier de corsaire se révéla si lucratif, qu'il devint extrêmement difficile d'obtenir un équipage pour les vaisseaux de la marine régulière.


1784 - 1793

Cette période se montra très bénéfique pour la marine britannique. Sa défaite contre les français pendant la révolution américaine obligea la Royal Navy à instituer des réformes, qui devaient définitivement prouver la supériorité de son amirauté. Un perfectionnement des instructions de combat de la marine, un nouveau système de signalisation, et des réformes sur les canons se révélèrent très utiles. Le mouvement montant d'officiers de la marine qui croyaient aux tactiques de mêlée des flottes utilisa ces nouvelles réformes à grand avantage.

La situation des français resta pratiquement inchangée. Leur avantage sur les britanniques devait s'estomper à partir de fin 1784, et il fut totalement perdu pendant la révolution française.

Les américains, pendant ce temps, commençaient à ressentir la nécessité d'une présence navale permanente. Bien que les corsaires fussent considérés comme la première ligne d'offensive dans une guerre, la recrudescence des flibustiers obligea le gouvernement fédéral à commencer le développement d'une petite marine.


1794 - 1820

Durant cette période, la politique révolutionnaire fit sombrer la marine française dans le désordre. Napoléon tenta de la reconstruire quand il accéda au pouvoir. Avant la révolution, les canonniers français étaient beaucoup mieux entraînés et mieux considérés que les autres membres de l'équipage. Cette pratique fut abolie en 1794 après avoir été jugée injuste pour le reste de l'équipage. Les canonniers étaient maintenant affectés par vote populaire, ce qui réduisait l'efficacité des équipes de tir. La révolution fit aussi fuir de nombreux officiers de marine, désireux de conserver leur tête. Ce changement autorisa des officiers à gravir les échelons, en dépit de leur manque d'expérience du commandement. Lorsqu'il obtint le pouvoir, Napoléon institua des réformes pour essayer de parer à ces manques. Malheureusement pour la marine, Napoléon avait d'autres problèmes qui exigeaient que la plus grande partie de l'argent et des efforts destinés aux militaires fusse dépensée ailleurs.

La marine britannique devait rapidement regagner sa supériorité navale à cette époque. Bien que les nombreuses réformes récemment instituées se révélèrent très efficaces, la perte de qualité de la marine française s'avéra être le plus grand stimulant de la Royal Navy. Le plus grand changement s'opéra au sein des officiers. De nombreux officiers hautement entraînés vouèrent leur vie au service et acquirent les compétences nécessaires pour commander. Cela comprenait des officiers désireux d'appliquer les ordres de mêlée lorsqu'ils étaient donnés. La doctrine navale avait évolué de la simple consigne de stopper l'ennemi, à sa destruction comme objectif premier. La marine britannique devait régner sur les mers, jusqu'à ce qu'elle rencontre la petite marine américaine et ses corsaires, qui lui rappelèrent que ce n'est pas la taille qui compte, mais la façon dont on utilise ce que l'on a.

La marine américaine se révéla être, navire par navire, la meilleure marine au monde de l'époque. Les officiers gagnèrent une expérience inestimable en chassant les pirates et ses excellents équipages devinrent le cauchemar de la marine britannique. Une fois de plus, la valeur des corsaires se révéla incommensurable. Pendant le guerre de 1812, les corsaires américains dévastèrent la marine marchande britannique, ce qui, plus que n'importe quoi d'autre, devait mener l'Angleterre à la table de paix.